Biographie
Philip Guston naît le 27 juin 1913 à Montréal sous le nom de Phillip Goldstein, de parents Juifs ukrainiens. Ceux-ci ont émigré d’Odessa à Montréal. En 1919, sa famille quitte Montréal pour la Californie. Son père se suicide en 1923. Ses premiers travaux sont d'un style réaliste et traitent de sujets sociaux, le travail ou la ségrégation des Noirs. De 1934 à 1942, il réalise plusieurs peintures murales, au Mexique puis aux États-Unis, notamment des commandes de la Work Progress Administration. Il quitte, durant ces années, Los Angeles pour rejoindre New York où Jackson Pollock, son ancien camarade, est installé depuis 1930. Il y rencontre Willem De Kooning, Mark Rothko, Franz Kline, Barnett Newman et David Smith, avec qui il formera un réseau d'artistes désigné plus tard, par la critique, comme l’École de New York. C'est à partir de 1938, à leur contact, que son travail s'oriente vers l'abstraction. L'automatisme a une part importante, les touches sont volontairement visibles et composent un réseau coloré qui s'étend sur la toile. Il rencontre un grand succès dans le courant des années 1950, se lie d'amitié avec le critique Harold Rosenberg, et rencontre les compositeurs Morton Feldman et John Cage, avec qui il partage un intérêt pour la philosophie zen et l'existentialisme. En 1949 et en 1971, il est lauréat du prix de Rome américain.En 1970, alors très reconnu comme un grand peintre de l'expressionnisme abstrait, il fait scandale en présentant, à la Marlborough Gallery à New York, de nouvelles peintures figuratives, au style enfantin, proches de la bande dessinée représentant de simples objets, livres, chaussures, immeubles, paysages urbains inquiétants, peuplés de la figure récurrente du Klansman (membre du Ku Klux Klan). Inspiré par le dessin des comics de Robert Crumb et le désir de narration, il renoue avec les thèmes sociaux de ses premières années. La figure du Ku Klux Klan revient comme symbole des violences sociales. Les souffrances de sa femme malade et celles de la vieillesse lui inspirent également de nombreuses peintures. Beaucoup ne lui pardonnent pas d'avoir rompu avec la tradition moderniste. Ainsi, Hilton Kramer, le critique d'art de The New York Times, le qualifie de « mandarin qui fait semblant d'être un abruti » dans un célèbre article sur l'exposition de la Marlborough Gallery. Robert Hughes, le critique de Time Magazine qualifie ces nouvelles peintures de « Ku Klux Komix ».Seul De Kooning et un cercle de proches le soutiennent dans cette évolution. Il s'installe alors à Woodstock où il fait la rencontre de Philip Roth, avec qui il se lie d'une longue amitié. Demeuré un temps sans galerie, il rejoint David McKee, un ancien de la Marlborough qui vient d'ouvrir sa propre petite galerie au Barbizon Hotel ; il lui restera fidèle jusqu'à la fin de sa vie